Les Frimas, c'est la rando qui clos tranditionnellement la saison VTT dans le Morvan depuis une quinzaine d'années.

La météo annoncée semblant plutôt clémente, on échange quelques mails dans la semaine pour voir qui s'y rendra. L'organisation est laborieuse : Jacques travaillera si la météo est clémente, les deux David seront là, Dom préfère aller bosser un peu à Breuil, JC aussi finalement... Bonne idée les gars ! Il y a (un peu !) de boulot de shappage avant l'Enduro²Breuil que nous organisons dans quelques mois, qui lui, ouvrira la saison 2017.

Après un dernier point en fin de séance de l'école de VTT la veille, Raphaël, Yann et Jef seront aussi de la partie.

Départ vers 8 heures pour rejoindre Quarré, il n'y a plus que le VTT à charger. Sauf que mon pneu arrière est crevé !

Réparation d'urgence, puisqu'il faut que je passe par Saulieu retirer un peu de liquide pour régler l'inscription. C'est désormais chaud au niveau du timing... comme tous les ans d'ailleurs ! J'apprendrai toutefois plus tard qu'il y a un distributeur de bilets à Quarré.

Effectivement, je suis à la bourre en arrivant sur place, et la foule des grands jours ne me facilitera pas la tâche. Il est bien sûr impossible de trouver une place près du départ. Je me rabats sur la route de Rouvray. J'aperçois David T. qui, bon élève, est déjà prêt au départ. Je lui glisse 10 €, il se chargera de mon inscription.

 Je trouve une place relativement loin, termine les derniers préparatifs et fonce au coeur du village.

Comme tous les ans également, je suis au final largement dans les temps pour partir. Dominique, le Président de Vélo Massif Morvan, fait son briefing, très complet (tracés, variantes, sites remarquables, et surtout sécurité).

Ce moment d'attente nous permet de croiser quelques visages connus que nous n'avions parfois pas vu depuis un petit moment.

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Parmi eux, Oswald, que je titille un peu sur son choix vestimentaire, short et tee-shirt, plutôt osé de prime abord. Moi j'ai opté pour collant long et veste thermique, plutôt destiné selon lui à la danse classique. Rira bien qui rira le dernier, on verra qui avait raison dans les profondeurs des vallées.

 C'est enfin l'heure du départ, groupé derrière un véhicule, que nous n'apprécions d'ailleurs pas vraiment. Dès le traditionnel tour de place, on pose déjà le pied, ça bouchonne sévère. De quoi loucher sur les étales du marché, appétissantes malgré l'heure matinale.

Sur la route, on s'est déjà tous plus ou moins perdu de vue. Je reste avec David P., on se dit qu'on retrouvera les autres plus bas.

On plonge à gauche dans le premier chemin de la journée, c'est parti !

Ah, non ! A peine 100 mètres plus loin, c'est un joyeux foutoire de vélos en vrac, ça ne roule plus. On maudit encore, comme beaucoup, ce départ groupé. On passe comme on peut, à gauche, à droite, sur les freins, la première descente causant les premières frayeurs aux moins aguerris techniquement. Enfin sur la route, on pousse jusqu'à Trinquelin, où on attend les autres. On attend, on attend... Jef et Yann passent. C'est très étiré. On retrouve enfin David T. accompagné de Xavier et on repart.

Dans toutes ces péripéties, on attaque la première vrai bosse en se disant qu'on a jusqu'ici à peine mis un coup de pédale. La première côte pose des difficultés à bon nombres de pilotes, on grimpe en zig-zag.

C'est déjà le moment de la première biffurcation. J'attends David P. et lui lance un sourire pour qu'il m'accompagne sur le 45. Ca ne le tente vraissemblablement pas, il file sur le 25. On se recroisera sans doute dans la matinée.

Cette première boucle est un vrai plaisir. Baptisée "le périmètre", c'est un single plutôt joueur tracé dans un fossé de limites de parcelles, sur plusieurs kilomètres. La file c'est allongée, cela ne bouchonne plus, et c'est très sympa. On débouche sur le circuit VTT-FFC n°6 de Rouvray, qu'on prendra à l'envers pour remonter ensuite vers la ferme de la Pierre qui Vire. Après le single dans les houx, on rejoint le chemin des Moines. Un passage le long de l'Abbaye, on aperçoit la Vierge au loin, et on longe l'enceinte pour contourner les immenses troncs des sequoias géants.

Un pilote qui descend sans  trop maitriser sa monture tient tout le chemin. Il sert à droite, j'en profite pour plonger à gauche. J'en serai quitte pour une petite frayeur, bien secoué sur quelques mètres pas les racines bien humides.

Enfin, ça passe, et j'arrive au premier ravito. J'y retrouve Martine, en plein coup de feu derrière sa popotte. C'est l'affluence des grands jours. Elle me confirme que Jacques a "préféré" travailler, et que David P. est passé il y a un petit quart d'heure. On échange quelques mots, puis j'e discute avec le Président de Vélo Massif Morvan, qui affiche sa satisfaction : 380 VTT et 280 marcheurs, c'est tout simplement le record de l'organisation. Tant mieux pour eux, la première partie montre qu'il y a eu un gros boulot d'innovation sur les tracés. Plus de singles, moins de chemins. C'est bien équilibré et c'est ludique.

Hop, deux pâtes de fruits, un carré de chocolat, et c'est reparti. Il y a du monde au ravito : comme je connais bien la suite, étroite et technique, ça risque de bouchonner, il ne faut pas trainer.

Aïe, petit temps mort à la reprise, c'est toujours un peu raide après les ravitos, même si je  ne m'y suis pas attardé, et ça grimpe directement. On rejoint les singles le long du Trinquelin, pour descendre via la passerelle sur l'itinéraire la GTM. Celle-ci est glissante comme jamais ! Quant j'y arrive, un pilote sort d'ailleurs de la rivière mouillé sur le côté droit jusqu'à la hanche.

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On retrouve à nouveau le chemin des Moines, et on file direction le Lac de St Agnan. J'ai bien fait de tracer, je roule tout seul et c'est sympa. Je connais ces portions par coeur, c'est un grand classique du coin. Passage sur le barrage où un groupe fait une photo, puis on remonte ensuite direction les Guichards. La petite portion de route qui suit fait du bien après la bosse.

Puis on plonge à gauche au niveau de l'Hôtel des Brizards. Dur d'imaginer le passé de l'établissement tant il dégage désormais une impression de vétusté.

Mais la descente qui suit redonne moral ! Ca turbine, ça va vite, c'est technique juste comme il faut. La jeune femme que je fais sursauter en la dépassant ne semble pas autant apprécier. En bas, on monte à droite par la route direction Poil Chevré, puis on roule dans des chemins étroits où cela bouchonne un peu. Mais les paysages sont ouverts et c'est beau !

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Les visages commencent à être marqués, c'est quand même physiquement éprouvant. Je jette un oeil au GPS, qui annonce 26 kilomètres. 26, c'est tout ??? Je pense alors aux portions quasi à l'arrêt où le GPS a dû s'arrêter. Le Garmin ne compte pas les déplacements à faible vitesse et coupe les virages. L'air de rien, il y a dû en avoir un peu dans les premiers kilomètres.

Surgit alors le second ravito, où je retrouve Oswald. On parle distance, il a presque 30 kilomètres au compteur. Tant mieux, car je commence à avoir les jambes un peu lourdes. Oswald, le sourire en coin, savoure son maillot manches courtes. J'ai du mal à l'avouer, mais j'ai quand même un poil chaud depuis que le soleil rayonne.

Au moment de repartir, je retrouve Jef et Yann, eux aussi sur le départ. C'est décidé, on finit ensemble. Mince, ça remonte encore direct après le  ravito !

On sait que sur le dernier tronçon, il y a le Rocher de la Pérouse, et que ça va piquer un peu. Pour le moment, c'est pluôt plaisant, du plat, des bosses où ça roule bien, puis une grande descente en lacets sur une route forestière, ça file.

Cette dernière nous conduit au pied de la dernière grosse ascension du jour, où je sais qu'il faudra pousser le vélo à un moment ou à un autre. On quitte enfin le chemin pour prendre le petit single qui rejoint le sommet du Rocher. en haut, je ne vois pas Yann que j'avais abandonné un peu plus tôt terrassé par une crampe, contourner les 10 derniers mètres et partir avec Jef. Du coup je l'attends... Puis finis par partir : c'est la fin ou presque, chacun pour soi !

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J'ai encore  un peu de jus, alors je turbine. J'appuie d'autant plus qu'à ma grande surprise dans les longues lignes droites, je vois désormais Jef et Yann quelques centaines de mètres devant  ! A bloc, je les rejoins enfin juste avant d'attaquer les trois cents derniers mètres de montée qui mènent à la Roche aux Fées. Et là, je paie cash les efforts des derniers kilomètres ! Cette bosse n'a pourtant rien d'insurmontable mais ce sera la pire de la journée : je frôle les crampes, en partie parce que je n'ai pas assez bu dans la dernière heure. On passe le rocher, et on se laisse enfin glisser vers Quarré. Yann me fait remarquer qu'on ne se tirera tirera pas la bourre sur la dernière portion de route : on est un peu rincé.

Au panneau indiquant Quarré, je m'arrête discuter avec David P. qui charge son vélo. Au final, il a créé son propre parcours, mixant 25 et 45 à sa guise, ce qui inclut le final de la Pérouse ! A priori, il s'est aussi fait plaisir !

Un vin chaud à l'arrivée, un pot de crème de caramel offert (pour le goûter !), et c'est fini pour aujourd'hui.

Bilan, c'était très sympa ! De beaux tracés, avec un très bon équilibre entre chemins et singles, des ravitos garnis, de jolis paysages sous le soleil. Que demander de plus ?