Vendredi en début d'après-midi, on  prend la route dans des véhicules bien chargés en raison des conditions climatiques annoncées dans les Alpes durant ce week-end de deux jours, à dominante de pluie et de ciel bas.

Direction le verdoyant massif du Beaufortain, à quelques 5 heures de route du Morvan. Sur place, la météo est déjà incertaine : nous arrivons sous un ciel gris et des températures indignes d'une mi-juin.

Il est temps de rejoindre le gîte, perché sur les hauteurs d'Arêches. La soirée est sympathique, on prend le temps de parfaire notre hydratation avant les hostilités du lendemain en se remémorant les souvenirs de l'édition précédente, qui elle, s'était déroulée sous le soleil. L'impatience est de mise.

Sept heures samedi matin : tout le monde est sur le pied de guerre. Le soleil semble au rendez-vous, le petit déjeuner est pris en commun devant la baie vitrée qui offre une vue plongeante sur la vallée.

20160618 beaufort2016 giteDepuis le gîte

Il est temps de rejoindre le camp de base sur la place centrale de Beaufort. Toute les navettes, encore rutilantes en ce début de week-end (ça ne va pas durer !), sont prêtes à avaler le flot de pilotes qui s'affairent aux derniers préparatifs de leurs montures.

Au retrait des plaques, on apprend que les spéciales annoncées sur le site web ne seront pas toutes au menu, en raison d'un important glissement de terrain qui affecte le secteur du Col du Pré. Les idées de photos depuis la Roche Pastire, incontournable du secteur, et du barrage de Roselend s'envolent ! Cette info donne par contre le sourire à ceux qui n'avaient pas envie de pédaler, les spéciales prévues sur ce secteur comptant 250 m de dénivelé positif pour rejoindre le départ.

Mais le Beaufortain a de la ressource, et d'autres spéciales seront offertes à nos crampons. De quoi varier les plaisirs !

Un petit café, et hop, embarquement dans la première navette. Direction le Mont Bisanne, qui domine les Saisies du haut de ses 1941 mètres, via la route qu'emprunteront les coureurs du Tour de France le 22 juillet prochain. C'est aussi du vélo, mais dans un style tout autre.

Arrivée au sommet. La température est déjà nettement inférieure à celle de la vallée, et le ciel se charge. Conséquence, la vue panoramique est bien bouchée. Ce n'est décidément pas un week-end à photos !

Trois itinéraires sont proposés sur ce versant.

En route pour "l'Adret'Naline", une trace rouge variée, qui cumule 1250 m de dénivelé négatif pour 10.5 kilomètres. D'entrée, le ton est donné, c'est mouillé et ça glisse. Un passage audacieux dans un névé et ça plonge dans la vallée. Effectivement, c'est très changeant, chacun y trouve son compte. A mi-chemin, alors que David répare ce qui s'avèrera être la seule crevaison du week-end, la pluie fait son apparition. Elle ne nous quittera pas du week-end, en alternance avec de franches éclairicies qui mettront en valeur les paysages flamboyants du Beaufortain.

Premier ravitaillement sur la place du village de Beaufort. Promesse tenue : c'est diversifié (pizza, quiche, fromage, charcuterie, gâteaux sucrés et salés, fruits secs...) et bien garni ! Il ne faut pas céder à la tentation si on veut rester agile sur le vélo !

Nous croisons avec plaisir l'homme qui nous avait indiqué l'an passé le chemin confidentiel menant à l'"oratouère" dominant le Col du Pré. Avisé, il nous annonce qu'il faut descendre vite : d'abord pour ne pas freiner et abîmer les sentiers des locaux, puis pour rouler un maximum avant la pluie attendue pour midi. En conséquence, nous ne perdons pas de temps et reprenons immédiatement la direction des Saisies, pour affronter la seconde rouge du secteur, "la Bikette", qui égraine des dizaines d'épingles, souvent très serrées, durant 12.7 kilomètres (1280 m de D-). Nous arriverons en bas effectivement gavés d'épingles (gaver : "se nourrir avec excès"...). Cette trace nous permettra également de goûter la terre locale, en allant à tour de rôle au tapis.

Après le barbecue du midi, direction un autre secteur, au départ de Plan Villard. Une longue (mais vraiment longue !) liaison en navette nous emporte vers les sommets par des chemins cahotiques où plusieurs traces sont accessibles. En altitude, sous la pluie et la grêle, nous délaisserons les noires aux noms évocateurs ("La Faucheuse" et "la Bûcheronne"), pour rejoindre "la Laie" (rouge - 6.7 km - 700 m de D-). C'est beau, mais c'est chaud ! C'est un single qui s'étire dans les myrtilliers, ponctué de pierriers, dont un sévère, où la concentration est de mise au regard du gros dévers prêt à vous gober sur la droite du sentier.

Arrivé en bas, direction le télésiège du Grand Mont, pour rejoindre le départ de "La déchaînée" (6 km - 960 m de D-), trace noire bien engagée qui redescend directement au pied du télésiège. De là, on se dit qu'on pourra, selon l'humeur, s'en refaire une sur le secteur.

20160618 beaufort2016 terrainLe terrain de jeux est immense !

Les conditions météo sont mauvaises à ce moment, et le single a déjà bien été torturé par de nombreux passages. La descente est laborieuse, les appuis fuyants. Chacun soignera sa note artistique, dans des styles divers et variés, tantôt en dévalant à plat ventre la partie dans les pâtures à ciel ouvert après le départ, tantôt en sautant dans les myrtilles dans les épingles mal négociées. Cela restera un grand moment d'enduro et de franches rigolades entre potes.

La fatigue commençant à faire son apparition, retour au camp de base.

Alors que Dom, JC et les deux David, boueux à souhait, décident de rentrer au gîte en prévision de la journée du lendemain qui s'annonce dense, nous remontons avec Jacques sur le secteur des Saisies, tentés par le nouvel itinéraire appelé à devenir permanent ("La Jonction" + "Les 3 Grottes") typé all-mountain. Balisé bleu, ce peut être sympa pour finir la journée.

Cette dernière navette est peu remplie, la journée et l'humidité étant venue à bout de bon nombre de pilotes.

Problème au sommet : le télésiège qui sert de liaison entre les deux traces est fermé depuis 16 heures, impossible d'y aller.

Comme il faut bien redescendre, on se rabat sur l'Adret'Naline, bien défoncée par une journée humide.

20160618 beaufort2016 domDom fait le spectacle au camp de base, malgré la pluie !

Les passages en sous-bois sont désormais "limite" niveau visiblité. C'est la dernière de la journée, on l'avale d'une traite en un peu plus de 30 minutes, seuls au milieu de la montagne, pour une arrivée à Beaufort où les bénévoles s'affairent à préparer le repas du soir, prévu en plein air. En tant qu'organisateurs d'évènements nous aussi, on compatit : l'affluence risque de pâtir de la pluie et des températures basses pour la saison. De notre côté, vu notre état, on commence à se dire que ce sera dur de redescendre manger après la douche, quand on aura goûté au confort du gîte.

Effectivement, on fait l'impasse sur les lasagnes - salade - tarte aux pommes prévues par l'organisation. Mais nous ne nous laissons pas abattre pour autant : on se fait plaisir autour d'un repas concocté par Dom autour de pâtes bolognaises, en se repassant les vidéos des chutes de de la journée, alors que la brume puis la pluie tombent ardemment sur les reliefs.

Après une nuit de sommeil réparatrice, on saute dans des vêtements propres : départ pour le camp de base. D'ores et déjà on sait que cela sera humide et qu'il faudra profiter des moindres rayons de soleil.

Après un démarrage laborieux de la navette, l'éthylotest anti-démarrage faisant des siennes (grand moment de solitude du chauffeur et franche rigolade !), c'est reparti pour le secteur des Saisies.

Durant la montée, on apprend que la trace all-mountain dont on a été privé la veille au soir est longue et peu praticable en raison de la boue. Certains y ont passé la matinée de la veille. Pas de regret, heureusement qu'on a pas pu y aller, on serait rentré de nuit à tâtons !

On dévale en vitesse une nouvelle fois l'Adret'naline pour se remettre dans le bain, on ne s'en lasse pas. On commence à connaître la trace, heureusement, c'est bien piégeux !

Considérant que la liaison vers les Saisies accueille ce jour la dernière étape du Tour Savoie Mont-Blanc, on préfère être prévoyant en rejoignant le secteur d'Arêches, où deux traces rouges nous attendent. On monte par le télésiège dans la brume, quelques trouées dans les nuages laissant apercevoir la vallée.

Pour commencer, direction "la Bleue Arêchoise", qui comme son nom l'indique est... rouge ! Au programme, 668 m de D- pour 5 kilomètres. Un vrai toboggan avec des virages sympas, dans une terre dégoulinante et grasse. C'est très joueur, jusqu'au final dans le pré qui s'avèrera être une vrai patinoire qui terrassera Jacques.

Il est bientôt midi, on décide de se faire une dernière descente par "les Quefins", un single à flan de coteau où le soleil montrera enfin le bout de son nez, rendant les sous-bois somptueux, un régal pour les yeux.

Revenus à Arêches, il nous reste à dévaler la route jusqu'à Beaufort, coupant les lacets par quelques singles délaissés cette année, mais que nous avions empruntés lors de l'édition 2015. Depuis le sommet, 11.3 km pour 989 m de D-. Retour au camp de base par les petites ruelles autour de l'Eglise de Beaufort, histoire de s'en mettre plein la vue pour finir. C'est beau la montagne !

Lavage des vélos, dernier barbecue, ça sent la fin de week-end.

Douche, ménage, il est désormais temps de rentrer, non sans un petit arrêt pour acheter du Beaufort et rapporter un peu de montagne à ceux qui n'étaient pas de la partie.

Bilan du week-end :

- 8 spéciales

- 70 km de pur enduro

- 8350 mètres de D- (pour seulement 350 mètres de D+ !)

- quelques bières, avec modération

- de la bonne humeur

- une organisation plus sobre qu'en 2015, sans salon ni fioritures, mais efficace : ça tombe bien, on est là pour faire du vélo avant tout. Mention spéciale pour les navettes (on a jamais attendu), aux ravitos (copieux et variés) et aux bénévoles, accueillants et souriants.

De quoi donner envie de remettre ça en 2017 !

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