Dans la famille enduro boueux et glissant à souhait je voudrais l’enduro du Lion… Pioche…Bonne pioche !

Arrivée le samedi midi sous un beau soleil, direction le col de Salbert (651m d’altitude) pour découvrir les pistes permanentes d’enduro. Dès 15h30, les festivités sont stoppées par de fortes averses. Repli stratégique au camping de l’Etang des Forges tout proche de la citadelle de Belfort.

21h30 : Extinction des feux car la journée de demain promet d’être longue, le martèlement incessant de la pluie sur le toit du chalet annonce la couleur pour demain : glissant et humide.

6h30 : Le temps est gris mais il ne pleut pas. On s’équipe et direction le podium pour le retrait des dossards et le début des hostilités. La première liaison nous emmène du pied de la citadelle au col du Salbert, 10 km de piste cyclable et de route, un sympathique réveil musculaire pour certains, une corvée pour d’autres.

Départ de la SP1 : j’ouvre le bal de la team Vélo Morvan Nature, c’est d’entrée très glissant et l’arrière du vélo a envie de vivre sa vie. Je rattrape et dépasse un concurrent qui se met en vrac dans le premier petit pierrier, puis un second qui se range aimablement.

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Le mot d’ordre est : Délicatesse ! J’essaye d’être le plus fluide possible et de rester sur le vélo, malgré cela je me couche au ralenti dans un long virage à droite.  J' arrive dans les derniers mètres de la spéciale avec une zone constituée de succession de fossés, où la terre a laissé place à de la bonne glaise, la roue avant influencée par la roue arrière décide elle aussi de prendre son indépendance, pas facile de maîtriser la rébellion ! Passage de la ligne d’arrivée, j'ai eu l'impression de me trainer comme jamais. Jacques, David et Dom arrivent dans la foulée, tout le monde a bien galéré !

Nous partons pour la seconde liaison par le GR5…

Beaucoup de poussage, on peine à avancer tellement ça glisse…arrivée en haut du Salbert, passage par la case ravito pour un petit bout de Morteau, et on repart. Très peu de concurrents au départ, on enquille rapidement sur la SP2. Jacques ouvre la marche et s’élance dans le toboggan (version aqualand) de départ.

La spéciale est un peu plus technique avec des virages en épingle et une pente plus prononcée le tout parsemé de racines, sinon c’est moins drôle. Quelques gros schuss avec des petits raidillons juste derrière, il faut tout lâcher pour pouvoir remonter et éviter de repartir en glissade arrière. Les derniers mètres avant l’arrivée sont un véritable bourbier. Dom se met l’épaule en vrac quelques mètres après le départ, il finit tranquillement en poussant. L’enduro du Lion s’arrête là pour lui. Une luxation de l’épaule, rien de bien grave, mais il repart déçu ne pas avoir fait tamponner sa carte de fidélité « Hôpitaux de France ».

Nous repartons sur une nouvelle liaison un peu moins glissante et pentue que la précédente.

Départ SP3, on reprend le début de la SP1, petite variante à mi parcours et on retombe sur les tranchées glaiseuses Le terrain est toujours très fuyant et je pars en glisse des deux roues dans plusieurs virages à plat. Limite, mais aucune grosse erreur. Je double à nouveau un pilote dans le pierrier puis un second qui se sort dans un virage pris trop large, j’en rattrape un troisième qui me bloque dans la remontée de la dernière tranchée de glaise. Le reste de la troupe franchis la ligne d’arrivée avec la banane.

Nouvelle remontée douloureuse par le GR5. Les crampes commencent à pointer le bout de leur nez.

Enfin, l’arrivée en haut du Salbert pour la dernière spéciale sur site. La SP4 reprend le même départ que la SP2. N’ayant pas repéré et arrivant avec peu de vitesse, je suis surpris par un saut de muret, dans le doute ( fossé, palette pour enrouler ???) et n'ayant pas vu l’échappatoire je descends du vélo pour descendre le muret, ça commence bien, c’est trop la loose ça !!! Il me suffisait de prendre 5 mn pour aller repérer.

On se reprend et on reste concentré. Sur cette piste on retrouve de beaux virages en épingle bien dans la pente avec un public en feu et la fameuse arrivée dans le bourbier.

Fin des spéciales sur le Salbert, on rejoint la citadelle pour la dernière spéciale.

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Le départ est situé sur un rempart, point culminant de la citadelle. Droit dans la pente sur 6 mètres freinage et virage à l’équerre complètement imprenable, mon pneu avant ne supporte pas l’effort et se tord, un énorme bruit d’air, je m’étale… je pense que le tubeless est à plat et que je vais faire la spéciale à pieds, je tâte le pneu et constate qu’il est encore un peu gonflé, je me remet en selle et après quelques tours de roue je me rend compte que le pneu est complètement tordu comme si j’avais la roue en 8, ça frotte pas mal mais je décide de continuer.

Pensant que c’est la roue qui est voilée, j’appréhende les passages d'escaliers qui risqueraient d’accentuer le voile avec le risque d’une belle gamelle. Je modère mon allure et commence à m’interroger sur la façon de gérer le schuss final avec une roue qui ondule ! Du coup je suis peu concentré sur le tracé et accumule les erreurs. Juste avant le schuss final, un signaleur me demande de ralentir car une grosse chute a eu lieu sur la passerelle d’arrivée.

Je me laisse descendre tranquillement, passerelle, petit saut, ligne d’arrivée…ça a tenu ! je regarde de plus près la roue avant : pas de voile, c’est bien le pneu tubeless qui s’est déformé en sortant des gorges de la jante.

Jacques et David arrivent quelques secondes après, eux aussi ralentis par les signaleurs.

A noter la très belle performance du jeune Eliot Baude du club voisin « Les Passe-partout » de Mâcon qui s’attribue la première marche du podium junior et le 10ème temps scratch.

Jacques termine 189ème (25ème Master) , David 202ème (28ème Master) et moi 145ème (14ème Master).

Jean-Christophe