8 heures comme prévu, (soit presque 8 heures 15 !), rendez-vous au gymnase de Quarré pour les inscriptions aux Crêtes, dernière rando locale organisée avant les vacances ! Ca commence à sentir bon.

Sur le parking, je retrouve JC, dont c'est la reprise après son vautrage et ses points de suture à la jambe il y a un mois, David P, en pleine forme, Dom, qui inaugure en rando son tout nouveau Focus dopé au 220 volts, et Yann, orphelin de Jef (lire par ailleurs le Raid des Cadoles) ! Tous inscrits sur le 45 kilomètres.

Raph est aussi de la partie, mais il est plus gourmand (et il aura raison !), puisqu'il est engagé sur le 55 kilomètres.

Le soleil est au rendez-vous, et on découvre avec un plaisir non dissimulé qu'on risque de poser nos crampons sur des traces globalement inexplorées à l'occasion de cette rando, du côté des grands lacs du Morvan. Ca met en appétit !

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C'est parti, à un rythme tranquille qui permet de discuter de la famille, des exams des enfants, des projets pour l'été, et du programme du reste de la journée.

Comme chaque année, les premiers moments sont un peu dur à avaler, avec le fameux départ groupé cher à Vélo Massif Morvan, car il augure un bon gros bouchon dès les premiers rétrécissements. Encore une fois, ça ne manque pas, ça frotte, ça râle, et on croise les premiers VTTistes à contre-sens qui, dans leur élan, on suivi le balisage trail. Car, nouveauté cette année, un trail est organisé en parallèle, comme c'est de plus en plus souvent le cas sur les manifestations locales.

Enfin, ça s'étire un peu, et on peut prendre un rythme assez soutenu dès le début, pour éviter la meute.

D'emblée, les paysages sont variés et ouverts, laissant apparaître les reliefs de l'Avallonnais et bien au-delà, tantôt en lisière de forêt, tantôt au milieu du bocage. C'est sympa et ça file en ligne. Si on tient la cadence, on va rentrer de bonne heure !

On remarquera aussi rapidement de très jolies traversées de hameaux et de villages, dont Crottefou, splendide et richement fleuri.

Même quand on est morvandiau, on n'est pas blasé !

Et surtout, quand on est morvanidiau, on sait que quand on longe un moulin et qu'on franchit la rivière, ça va vite grimper ! Car les Crêtes, il faut aller les chercher !

Parmi toutes les bosses du parcours (et il y en aura quelques-unes pour atteindre les 1200 m de D+ cumulé), seule celle avant Marigny l'Eglise sera compliquée, car complètement défoncée ! C'est là que Yann se fera une copine, chevauchant son VTTAE tranquillou bilou, brillant par son verbe généreux et son regard acéré et critique ("Hannnn, machin, il a posé le pied" !).

On a aussi désormais l'occasion dans le Morvan de franchir des cols. Voui ! Des cols fraîchement matérialisés par le Parc Naturel Régional du Morvan. Hop, Col de de Marigny l'Eglise, check ! Bon, ce n'est pas un grand col alpin, mais ça compte quand même !

S'en suit une longue descente rapide et piégeuse, parsemée de vélos en vrac, qui nous mènera au premier ravito, échoué sur les rives du Lac du Crescent. Séance bricolage pour David P, qui a cassé sa tige de selle et roule le bec en l'air. Ce qu'il apprécie moyennement, en tous cas dans ces circonstances, selon ses propres aveux...

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On repart ensuite directement dans le dur. Yann, en bon philosophe à deux roues, rappelle que "Chaque ravito précède un bonne patate". Ce qu'on vérifiera effectivement par la suite.

Cette bosse fait mal à JC, en déficit de kilomètres et à court de carburant à mi-parcours. Problème, les routes croisées sont rarement plus larges que les chemins empruntés, et même si c'est tentant de rentrer par la route, c'est dur de s'y résigner sans risquer de rallonger la boucle.

JC décide donc de poursuivre, mais à son rythme, histoire de se refaire une santé. Dommage que personne n'ait eu un VTTAE à lui prêter. ;-)

Après une succession de bosses et de descentes techniques ne laissant pas insensibles les enduristes du groupe, on découvre, si on prend le temps de lever le nez, un splendide panorama qui nous annonce qu'on aborde les rives du Lac de Chaumeçon, après un passage aux alentours de Saint Martin du Puy.

Second ravito salvateur, car mon bidon est vide !

On ne traîne pas, histoire de ne pas se refroidir (et surtout de ne pas succomber à la tentation des pâtes de fruits). Les rives du Chalaux sont tumultueuses et fréquentées par les kayakistes, on se fait signe, c'est sympa les sports-nature !

Les dénivelés sont aussi moins rugueux que sur la première partie du parcours, et on fait de bonnes parties de manivelles, jusqu'au franchissement de la Cure peu avant les Iles Ménéfrier. Passage tranditionnel des randos de Quarré, c'est le vélo sur le dos et agrippé à une corde qu'on traverse. Cette année, le niveau atteint mi-cuisse, et l'eau est fraîche.

Dom fait moins le malin avec son VTTAE et veille à ne pas faire tremper la batterie, histoire de ne pas flinguer toutes les truites dans un rayon de 30 mètres.

Un petit single nous mènent au dernier ravito, qu'on n'attendait pas. Et c'est une très bonne surprise, une cornemuse et un trompette rivalisent d'envolées aux accents trad' pour mettre l'ambiance, alors que le salé du ravito est tentant, considérant qu'il est presque midi.

Allez, dernière ligne droite, direction Quarré. Et, comme aime à le dire Jean-Pierre Raffarin, "La route est droite mais la pente est raide" ! Vu que le village-arrivée est perché, on en déduit (ben oui) qu'il reste un peu de bosses. Dès les Iles Ménéfriers passées, Yann me met 30 mètres, trou que je n'arriverai à boucher qu'après avoir longé le parc à daims, dans les derniers hectomètres de côte.

On finit tous les deux par la route en se disant que c'était une très belle rando, et qu'on aurait pu s'engager sur le 55 km, puisqu'il nous reste assez de jus pour 10 km de plus. Raph a eu du nez !

On retrouve peu après alors Dom et David P sur le parking, et constatons que le pick-up de JC est encore là. Il aurait donc décidé de poursuivre sur la trace en mode warrior ? Sacré JC !

Puis, après réflexion, on opte plutôt pour l'option "Non, il doit être mort en chemin". On ne retrouvera donc son corps que dans plusieurs semaines... Pour gagner du temps, on décide d'anticiper et de se partager ses affaires.

Erreur, il a pointé le bout de son nez alors que je m'apprêtais à monter dans la voiture, après s'être refait une santé et avoir fini à la pédale... En mode warrior... Dur pour une reprise !

Bilan : 44.2 km / 1206 m D+ / 3h15

Et surtout des paysages plein les yeux !

Relive 'Les Crêtes de Quarré 2018'