Deuxième manche du Cannondale Enduro Tour ! La première manche avait été éprouvante, c’est donc avec un peu d’appréhension que j’arrive dans ce sympathique petit village du Bas Rhin.

Au camping du village, je retrouve Jaco et Martine qui sont en vadrouille touristique.

De bon matin, je me dirige vers la place centrale, récupère mon dossard, m’équipe et m’élance sur la première liaison avant mon créneau horaire afin de ne pas terminer trop tard, vu le menu du jour.

20180520 cannondaleendurotour

500 mètres de dénivelés positif comme entrée en matière, ça réveille, j’ai encore mal aux adducteurs suite à notre course d’obstacles (La Ruée des Fadas) du week-end dernier.

Je décide de prendre mon temps et de pousser dans les parties les plus pentues. J’arrive relativement frais sur le départ de la spé 1. Le tracé débute par quelques virages quasi à plat sur un terrain un peu fuyant (remblais de mines), je me fais surprendre à plusieurs reprises. S’en suit un bon pédalage en côte qui permet de plonger dans la pente.

Devant moi un pilote vient de chuter et derrière un autre klaxonne pour passer, je passe le pilote au sol et me range pour laisser passer la fusée et lui coller aux baskets (la fameuse technique Benj)…

En fait, c’est cool d’avoir une mobylette qui ouvre la route ! Je franchis la ligne, le pilote me remercie, on se claque la main et on part sur la 2ème liaison.Tout se passe bien, le temps est parfait, pas de grosse chaleur exactement ce qu’il me faut.

Spé 2 : On part dans la pente sur une dizaine de mètres pour virer dans un virage droite en épingle : on voit tous les styles, avec ou sans le pied, en nose turn, en roulé-boulé. J’opte pour la technique « pas rapide mais propre » en gardant les deux pieds dans les cales pour relancer au plus vite.

La spéciale est plus ludique, beaucoup de virages en épingles. Lorsque je débouche perpendiculaire à un chemin forestier et que je vois d’autres pilotes qui remontent ce même chemin en mode liaison, je me dis que c’est terminé. Mais non, un signaleur me dit que ce n’est pas fini, par contre avec la rubalise du couloir de la liaison et celle du tracé c’est incompréhensible, j’imagine donc qu’il faut traverser le chemin pour replonger dans la forêt, alors qu’il faut remonter le chemin sur 30 mètres et replonger dans les bois… Enoooooorme perte de temps, super le balisage !

Liaison 3, les mecs, siou'plait faites des panneaux plus gros, car avec ma mauvaise vue et sans les lentilles, je peine à distinguer le 3 du 5 !!! Je m’étonne d'être plutôt frais sur la liaison.

Spé 3 : Moins de pente, un terrain fuyant, peu après le départ je me retrouve dans une zone où la rubalise a été arrachée et je ne sais pas ou je dois aller : j’improvise au plus direct à travers branches, troncs et caillasses et retombe sur la trace. Je commence à rattraper les pilotes devant, petit virage à droite dans un pierrier...

Je perds l’avant et me couche, je me remets en selle sans perte de temps. Je sens néamoins une petite douleur à la jambe. Dès que le terrain devient moins piégeux, j’en profite pour jeter un œil à ma jambe : Ca saigne pas mal au niveau tibia, genre un dimanche ordinaire de VTTpour Dom.

A priori rien de bien grave, je continue.

Arrivée de la spé 3, constat : L’entaille fait bien 8 centimètres et à l'air profonde, l’adrénaline me dicte de continuer mais la « voix de ma femme » me conseille de faire voir ça rapidement.

J'interpelle les bénévoles, qui demandent aux secours de monter jusqu'à moi. Deux secouristes viennent nettoyer la plaie, poser un pansement provisoire et sont à deux doigts de demander l’évacuation vers les urgences de Selestat.

Après avoir bien évalué mon état de santé ; Prise de tension, nom du Président ? Femme du président ? La marque de croquette préféré du chien du Président ? le jour préféré du Président ?

Ayant répondu Raymond Poincaré , Zaius de la planète des singes, Croqtoutou édition Bocuse, le Marjedi, et chaque réponse étant ponctuée d’un co**ard comme le veut le guide des bonnes manières morvandelles, les secouristes estiment que tout va bien. Leur promettant de me rendre aux urgences, je salue et remercie les bénévoles et secouristes, remonte sur mon engin à roulette et sur les indications données par signaleur, puis file direction Sainte Marie.

Urgence, longue attente entre une collégienne ayant fait un malaise lors d'un voyage scolaire, une femme faisant une allergie à une piqûre de guêpe, un malchanceux en rollers, une mémé avec le bras en vrac, un ado cascadeur.

Points de suture, retour à la maison où ma femme m'attend avec le rouleau à pâtisserie.

Un coup de pas de bol pour s’entailler de la sorte. Et, en plus, j’ai ramené 3 tiques qui parlent même pas français !