Pour cette édition, nous sommes cinq pilotes du club à nous aligner au départ : David P., Jaco, Dom, Benj et moi. David T., retenu par des impératifs professionnels, a laissé sa place à Dom.

Pickup et remorque, 5 personnes, vtt et bagages, c’est tout bon. Le temps est couvert, mais les bulletins météo n’annoncent pas de pluie. Un bon week-end en perspective !

Non Benjamin, Vauban n’était pas l’heureux propriétaire d’une baraque à frites, et ce n’est pas à lui que l’on doit la fameuse "fricadelle de Belfort". Il a par contre conçu et améliorer cette fortification. Forteresse qui est l'essence même de l’enduro du Lion, avec l’arrivée sur les terrasses au sommet de l’édifice, pour enfin se laisser glisser en VTT dans la pente et les entrailles des fortifications, sous les regards interloqués des promeneurs.

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Nous arrivons samedi midi au sommet du Salbert et partons pour une reconnaissance à pied. Premier constat : le terrain est très sec, les parties qui étaient bien engagées ont été supprimées et il y a de nombreux pédalages. Le balisage offre des coupes monstrueuses, dont une qui doit bien faire gagner 20 secondes, mais que je ne prendrai pas le jour de la course, ne voulant pas finir sur le podium !!! D’autres ne se poseront pas la question ! On repère énormément de trajectoires, ce qui va demander un gros effort de mémoire le jour de la course… Autant dire qu’avec la fatigue, la vitesse et tous ces arbres qui se ressemblent, ce n’est pas gagné.

Benjamin, qui découvre l’épreuve, estime qu’il aurait dû venir en VTT de cross-country.

On a vu le principal des pistes, direction le centre-ville pour les chambres et une petite mousse en terrasse.

J’avais fortement envie de faire du 4x4 dans la citadelle pour éprouver les capacités de franchissement du Ford, mais le fait de m’échouer lamentablement dans un fossé du Salbert suite à une manœuvre hasardeuse et de faire frotter la caisse sur le renfort bétonné d’une buse m’a refroidi…

Dimanche matin, nous partons de bonne heure pour trouver une place sur le parking situé vers l’arrivée. Je laisse Jaco aux manœuvres pour les marches arrières avec remorque, en 10 secondes c’est torché… Il m’aurait fallu 15 minutes de plus, un passage chez le carrossier et 3 séances chez le psy pour oublier les rires de la foule qui se serait amassée pour admirer le massacre (pense bête : m’entraîner sur le parking du supermarché de ma commune en essayant de ne pas être dans le champ des caméras de sécurité, pour ne pas finir dans les bêtisiers de fin d’année).

Le sac qui est donné avec la plaque contient de nombreux cadeaux : 1 gourde, 1 échantillon de Squirt, 1 truc en plastique que je n’ai toujours pas identifié et que j’ai fini par balancer à la poubelle, 1 couvercle de potence et le t-shirt pour ceux qui ont été plus rapides que l’éclair pour les inscriptions. Il claque bien ce t-shirt, le logo est sympa. En même temps, avec un lion comme emblème, difficile de faire un truc tout pourri…(pour exemple, le lion de la Metro Goldwyn Mayer, le lion de la barre chocolatée éponyme, le lion de PSA, le lion de la marque de supermarché Rik et Rok... Ah non en fait !)

 On enfile nos tenues de gladiateur et on s’élance pour les 12 kilomètres de la première liaison qui nous mène en haut du Salbert. Cette année, l’abandon à cause de la chaleur et des crampes n’est pas envisageable ! J’ai mon camelback et je m’hydrate plus qu’un pensionnaire de maison de retraite lors d’un épisode de canicule, et les poches de mon short sont remplies de coups de fouet et de barres céréales.

 Nous voici au départ de la première spéciale. Dom ouvre le bal pour notre groupe, suivi de Jaco, David, Benj et moi.

La spéciale 1 permet une mise en jambe en douceur, pas de gros pédalage, plutôt fluide, un petit pierrier avec un virage très fermé. Le tracé est agrémenté du traditionnel challenge-radar qui permet de pimenter un peu plus l’épreuve. Jaco affiche la vitesse la plus élevée de la bande avec un quasi 30 km/h. Ça doit être lié au rapport masse/vitesse… Il faut que je mange plus de soupe et que j’échange ma taille de danseuse étoile contre une musculature de rugbyman… C’est pas gagné.

A peine le temps de franchir la ligne d’arrivée qu’il faut penser à remonter. En effet, le timing est serré et le passage par le ravito situé en haut du Salbert sera indispensable pour refaire le plein des poches à eau.

Spé 2 : Nouveauté cette année, on file directement dans un petit pierrier pour arriver dans une relance et plonger ensuite dans les conifères, une autre relance, encore une... Pfffiou, elle est physique, les passages techniques de l’année dernière ont été supprimés, la piste finit par une traversée de ruisseau qui secoue la tronche, où Jaco nous fera une belle cascade.

On repart sur la liaison, c’est là que mes crampes avaient commencé l’an dernier. Rien à signaler, je mouline tranquille.

Spé 3 : Même départ que la 1, puis variante et même arrivée.

Dom décide de faire l’impasse sur cette spéciale pour pouvoir aller jusqu’à la citadelle. On le retrouvera frais comme un gardon au départ de la 4.

Le ravito commun au quatre spéciales commence à fondre à vu d’œil : Lors de notre dernier passage, il n’y avait plus de gobelets et plus grand-chose à se mettre sous la dent.

Dernier départ du haut du Salbert, on s’élance dans la pente, on relance, on saute un muret, on suit une petite crête rasée à blanc et on plonge dans la forêt. Je me redis qu’il faut bien élargir les épingles pour ne pas se trouver comme un couillon, je passe Benjamin qui se colle dans ma roue et ne me lâche plus jusqu’en bas. Dans des virage en 'S' pentus et très serrés, je rattrape une féminine qui se bat avec sa monture au milieu de la trace. J’hésite à m’engager et chute à mon tour. On traverse à nouveau le ruisseau de la spé 2.

Mission accomplie, nous pouvons rejoindre la citadelle !

Petit détour vers le véhicule pour nous délester des choses inutiles et nous commençons l’ascension de la forteresse au milieu des touristes.

Des terrasses nous filons sur une rampe en bois suivie d’un virage relevé, le tout tapissé d’un grillage flambant neuf qui ne résistera pas plus de 20 minutes avant d’être arraché par les coups de freins. C’est donc sur une passerelle lisse comme la peau des fesses d’un nouveau né qu’on s’élance, l’idée étant de ne pas aller trop vite, et de ne pas trop freiner pour ne pas se vautrer… Miraculeusement, ça passe sans encombre. J’élargis bien le virage suivant pour ne pas être gêné par les piquets et être plus rapidement en ligne pour relancer. Je plonge dans l’obscurité du musée, difficile d’appréhender les obstacles dans le noir.

En bas des escaliers je subis une bonne compression, les suspensions avalent tout. Le temps que ma mauvaise vue de quadragénaire s’adapte, je suis déjà sorti et me retrouve à essayer de relancer dans les gravillons. Je n’ai pas choisi le pignon le plus adapté et c’est débout sur les pédales, au ralenti, que je monte les derniers mètres avant de basculer dans la pente. Une bonne relance dans l’herbe, un escalier, encore une relance et j’arrive dans le mur final dans lequel des chicanes ont été installées pour couper la vitesse et éviter les drames sur la rampe de lancement que constitue l’échafaudage d’arrivée. Festival de chutes et de sorties de piste à cause des chicanes !

Tout le monde est en bas avec le sourire, on se change à la voiture sous les regards enfumés et hagards de deux Terrifortaines adeptes des médecines douces.

Propres et présentables, on peut aller se restaurer sous la protection du lion de Bartholdi.

Le retour sera plus compliqué avec un Benjamin que les crampes ne quitteront pas jusqu’à l’arrivée. Lui qui était impatient de retrouver sa dulcinée, je serai curieux de connaître le fin mot des retrouvailles !

 

Résultats :

Benj : 220ème scratch / 34ème cadet/junior

David P. : 170ème scratch / 24ème master

Dom : Hors catégorie !

Jaco : 224ème scratch / 34ème master

JC : 155ème Scratch / 22ème master