Les sept mercenaires au pays des monts de Guéret...

C’est la bouche asséchée par la poussière et un soleil de plomb que nous descendons de nos diligences et poussons les portes de l’hôtel. Afin de venir à bout des monts de Guéret, nos bagages dégueulent de munitions et d’armes  en tous genres : cheval de carbone, grandes roues, potions magiques...

Le grand Jaco nous a concocté un tord-boyaux qui, une fois ingurgité, ferait passer une mule pour un pur sang, ou l’inverse selon la quantité descendue ! On n’a pas bouffé des kilos de poussière pour acheter du terrain ou regarder un numéro miteux de french cancan poussif avec des danseuses édentées... Dans notre périple, on a entraîné trois p’tits nouveaux : Benji « the Kid » Alex « l’équilibriste » et Denis « l’homme atelier ».

Une enclume ? Un soufflet de forge ? Ne cherchez plus ! il a tout dans ses fonds de poches. Les quatre vétérans sont toujours aux avant-postes, prêts à faire parler la poudre : Dom "guibolle  folle" , David "œil de faucon", Jacques "Full métal Jaco",  et JC "c’est compliqué de se mettre un surnom soi-même".

Il est temps pour les éclaireurs Alex, David et JC d’aller reconnaître le terrain à pied, visualiser les éventuels points d’embuscades qui pourraient nous faire mettre un genou à terre. Le terrain est sec et la première spéciale a été remaniée : un long pédalage à plat pour débuter les hostilités, suivi de quelques rochers joliment disposés. Nous repérons les meilleures trajectoires alors qu’une bonne dizaine de pilotes sont déjà à l’œuvre sur leurs montures.Le reste de la troupe est en marche : nous nous retrouverons plus tard sur le parking du Première Classe. C’est pas le tout, mais comme nous le rappel Alexandre depuis 3 bonnes heures, on mangerait bien un bout de saucisson. Les copains de Tours sont là, direction le resto ou la serveuse use de tous ses charmes et se plie en quatre (enfin, autant que son grand âge et sa gaine le permettent) pour nous satisfaire … Menu à volonté ? Plat chaud ? Dessert et/ou fromage ? on ne comprend rien aux options, on décide donc que c’est à volonté quelle que soit la formule choisie et on se sert copieusement sous le regard gourmand / coquin de Guilaine (ou Guy Laine, ou Guilaide, je ne sais plus...).

Dom et Jaco arrive quand on attaque le dessert et l’équipage Denis / Benjamin est en approche, ils nous rejoindront au campement.

On s’installe en terrasse devant nos chambres pour écluser une petite bière de l’amitié, quelques gouttes de pluie commencent à tomber, une météo humide s’annonce.

20180310 rallyedes4puys
Cowboys from Hell !

Samedi matin, retrait des plaques et reconnaissances officielles des spéciales que nous roulerons l’après midi, tandis que la quatrième spéciale reste secrète…

Petit repas sur le pouce à base de merguez histoire de bien flatuler sur le vélo et nous voilà partis pour les premiers chronos. Je m’élance derrière Vivien sur la spéciale numéro 1, "le canyon piégeux". Je trouve la piste plus glissante que lors de la reco, une série de racines me fait sortir de la trajectoire, séquence rodéo, je reste en selle, la chute n’était pas loin. Comme chaque année, je me fais surprendre par un virage gauche alors que je suis persuadé que c’est à droite… Un début d’alzheimer ?

Comme chaque année je me fais surprendre par un virage gauche alors que je suis persuadé que c’est à droite… un début d’alzheimer ? Ah oui, quand même !!!

Je prends toutes les trajectoires repérées le matin. L'équipe Vélo Morvan Nature se retrouve en bas sans encombre. Nous remontons tranquillement vers la spé2, "Le pneu sifflera trois fois".

Le dérailleur arrière d’Alexandre décide de péter un câble et le pneu arrière de David de percer. On fait un peu de mécanique. Faute de câble de rechange, Alexandre bloque son dérailleur, puis on s’élance sur la spé2. Benji nous fait le départ le plus calamiteux du week-end, un mélange de danse indienne et de démarche chaloupée de mec bourré.  Dans un virage, David en profite pour se rouler dans les feuilles, Denis arrive à plat... Tout va bien !

Alexandre trouve un pilote qui lui file gentiment un câble… L’aventure peut continuer. Nous montons droit dans la pente en poussant et  arrivons au départ de la spé3, "Le rebond, la butte et le trunion". La file d’attente est interminable… C’est froid comme un nouveau né de chez Courjault que je prends le départ… Après la section de pédalage, je rattrape un pilote, prend une trajectoire inhabituelle pour le doubler et me met une bonne taule à l’endroit ou le sol est le plus couvert de caillasses.

Dans une scène slow-motion à la Matrix, je vois le vtt partir et s’arrêter contre un rocher, le pilote me repasse, je remonte rapidement, le guidon est droit, les durites sont là, gaaaaaz… Un petit bruit de frottement se fait entendre sur la roue avant…Petite hésitation en roulant, j’estime qu’il n’y a pas de danger, je relance, je recolle au cul du même pilote, qui me conseille de ne pas me vautrer ce coup-ci !!! L’arrivée de fin de spé3 se juge dans le bourbier habituel !

Rapide état des lieux : Un bon voile de la roue avant, un disque tordu, de belles égratignures au genou et à l’avant-bras… Heureusement ma protection intégrale de DH a bien fait son boulot pour les épaules. Même pas mal !

Direction la spéciale secrète de la mort, qui ne restera pas dans les annales. Je ferais bien une petite reco tranquille mais on décide que ça ne vaut pas le coup… Après un départ en côte, c’est un champ de mines et des virages serrés qui s’offrent à nos pneus apeurés. Bien sur je cherche la trace la plus évidente mais ce n’est pas toujours la meilleure, frottement de dérailleur, de pédales… C’est un carnage et ça n’avance pas. Cette dernière spéciale décevante clot la journée du samedi.

On se lave et on se fait beau pour le repas offert par l’organisation. Un bel orage et des trombes d’eau rythment la soirée qui se finira à l’unique saloon du secteur. Le patron semble reconnaître Dom, mais il a un doute, avec tout ce textile sur lui, ce n’est pas évident... Il nous laisse néanmoins prendre place.

Derrière nous, trois jeunes filles attablées qui boivent des cocktails sucrés s’adonnent sans vergogne à un curieux léchage du contour de verre pour se délecter du sucre cristallisé qui s’y trouve… La scène en devenant presque érotique, Benjamin est proche du malaise vagale !

Comme nous n’avons pas envie de revenir à pied (voir l’épisode n° 11 "Tintin et la girafe mystérieuse"-  http://velomorvannature.fr/index.php/sorties-club/42-7-8-mars-2015-rallye-des-4-puy-gueret), les conducteurs restent sobres pour ramener les diligences à bon port.

Dimanche matin, reco de la 5ème spéciale, "La chevauchée fantastique" : Nous étudions minutieusement les trajectoires, il y a le choix. Départ officielle, David, grand amateur de trail, décide que c’est moins drôle en restant sur le vélo et pince sa chambre à air dès les premiers mètres. Il finira la spéciale en courant à côté du vélo avec un temps honorable… il y a un truc à creuser.

S’en suit la looooongue attente avant la descente en ville, "Pour une poignée de secondes". Heure de départ vers 16 heures pour mon dossard… Nous repérons quelques trajectoires sur les premiers 200 mètres.

Après 3 heures à glander, c'est enfin le moment. Je m’élance, j’arrive à poser les roues là ou je le souhaitais. Par contre, une petite modification de dernière minute a été faite et me met le doute, j’hésite, j ‘hésite, j’hésite encore et me retrouve au ralenti... Quelques secondes qui s’envolent… Les rues de Guéret, le cinéma, les marches, je laisse filer jusqu’à l’arrivée.

Direction la place de la ville le temps de se changer, de saluer les vieilles connaissances et nous prenons le chemin de la maison, la silhouette de notre équipage se découpant dans le soleil couchant.

I’m a poor lonesome cowboy...

Au final :

Alexandre "l'équilibriste" : 75ème (38ème senior)

JC "c’est compliqué de se mettre un surnom soi-même" : 105ème (6ème master 40)

Benji "the kid" : 165ème (22ème castor junior)

"Full métal" Jaco : 173ème (4ème master 50)

Dom "Guibolle folle": 77ème (5ème master 50)

Denis "l’homme atelier" : 237ème (31ème master 40)

David "œil de faucon" : 240ème (32ème master 40)

Allez, l’année prochaine, on truste les 3 marches du podium master 50 !