C’est en comité réduit que les enduristes du club, David P et JC, prennent la direction des monts de Guéret. Jacques et Dom, habitués de l'évènement, sont respectivement retenus par des impératifs professionnels et médicaux.

Deux bicyclettes à crampons dans la benne et en avant pour l’aventure !

Quelques heures de routes plus tard, on retrouve les copains devant l’ hôtel première classe de Gueret, lieu mythique immortalisé quelques années plus tôt par l’artiste performer Dom B (voir son œuvre « bienvenue à Gueret on s’y sent comme à la maison »).

Benoît, Vivien, Orlan (apprenti 2.0 nouvel génération) et Polo ont fait le déplacement avec quelques spécialités : mousseux et vin d’Oberlin.

Unanimement nous optons pour un repas diététique à base de patate, y’a que ça d’vrai ! Direction la patatataterie. Au détour d’un escalier, engoncé dans son imper couleur sable, nous croisons l’inspecteur gadget qui bosse sur LE gros dossier qui a secoué la bitosphère Creusoise, la disparition du club « l’Empire des Sens », remplacé par une triste discothèque au décor « Rome antique », où de vieux gars viennent transpirer et se trémousser en sandalettes et glaive apparent, sur les rythmes endiablés des village people. C’est triste, il nous faisait rêver et alimenter nos discussions, ce club libertin !

Le Rallye des 4 Puys sera le baptême du feu pour la bicyclette en plastique de David ! C’est que depuis quelque temps, on ne le tient plus, le David, sur nos terrains d’entraînements. Le passage d’une enclume de 15 kilos à un carbone qui en fait 3 de moins l’a transformé ! Un avion de chasse ce Devinci Spartan, c’est qu’il nous colle aux baskets l’affreux… mais on va tenter de résister avec nos vélocipèdes en Albal !

Réveil matinal le samedi.

Nous sommes quasiment les premiers arrivés sur le parking. Génial, la sono n’est pas encore installée et le président du Club organisateur ne va pas nous fracasser le tête tout de suite. Une fois lancé, c’est un flot de paroles qui se déversera dans nos innocentes oreilles. Vite, vite, on s’équipe et on décolle pour les recos pour éviter ça !

La première spéciale qui est un véritable piège à dérailleur serpente entre rochers et racines, elle est légèrement modifiée par rapport à l’an dernier, bien aseptisée ! Les endroits les plus techniques ont été retirés. On repère la trajectoire qui va bien sur la fin du parcours, celle-là il ne faut surtout pas l‘oublier sinon c’est 10 secondes qui s’envolent ! On ferme les yeux cinq secondes, on visualise mentalement, sauvegarde en cours...

Deuxième spéciale, totalement remaniée ! Départ du gros rocher tout rond, pas mal de vitesse, aucune grosse difficulté. Dans une suite de virages, David repère une trajectoire permettant de gratter 3 ou 4 secondes et de conserver du flow… on teste, on valide, on sauvegarde ! . L’arrivée se fait sur le chemin de l’an dernier, mais grosse chicane dans la boue juste avant la ligne : il ne faudra pas venir se vautrer dans le bourbier tel un jeune marcassin foufou.

On part pour l’escalade des reliefs qui nous mènera au départ de la spé3, il fait super chaud !!! Le tracé est identique à celui de 2016, pas de surprise, ça passe plein gaz. On ramasse une veste perdue par un concurrent, on la déposera au podium vers Alain Menut, le speaker intarissable, ça l’occupera un moment.

Benoît en profite pour se satelliser sournoisement sur un saut de rocher : pas assez de vitesse, la flemme de contourner et majestueux passage au-dessus du guidon. Grosse douleur au niveau de la clavicule, la radio dévoilera une côte fêlée, ça reste acceptable !

Recos teminées, on retourne au parking pour un repas coquillettes / saucisses/ gâteau creusois bien mérité sous un soleil généreux.

Il est temps de se lancer du départ de la boucle du samedi et de ses 3 spéciales.

C’est l’heure de pointe dans la forêt de Chabrière. Juste devant nous, un club avec de nombreux minots. Le départ est donné toutes les 30 secondes, je suis quasiment certain d’en rattraper un voir deux. La difficulté va être de trouver le bon endroit pour doubler. Je pars premier de la horde sauvage, David m’emboîte le pas.

La première partie se passe sans encombre, je perds ensuite un peu de temps sur un passage mal repéré et donc mal négocié, puis dans un virage à gauche je me fais emmener et me surprend à emprunter une trajectoire totalement inconnue mais je garde ma vitesse. J’arrive vers le point noir de la spéciale, un passage étroit avec de belles racines sur la longueur, sur ma gauche je vois le petit jeune qui s’engage dans l’échappatoire... Impeccable, aucun ralentissement.

Depuis le départ je pense à la coupe du bas à ne pas oublier… C’est là ! C’est tout droit ! Je plonge à gauche de l’arbre je rattrape un autre concurrent qui se range quand je m’annonce. Quelques coups de pédales et c’est l’arrivée. Je le remercie avec le peu de souffle qui me reste. J’ai un mal de cuisses phénoménal dû à l’attente au départ et à l’impossibilité de faire tourner les jambes.

Deuxième spéciale, pas d’itinéraire de délestage, ça bouchonne sec. Enooooorme attente… Encore un beau mal de cuissots qui s’annonce ! On aperçoit nos amis de VTT Picard qui en profitent pour faire une petite sieste, en tant que dignes représentants de VMN, on ne peut s’empêcher de leur lancer courageusement quelques pommes de pin. Comme le disait Pierre de Coubertin « l’essentiel c’est de faire chier les autres ».

3,2,1 top ! Une seule idée en tête, la coupe dans les virages en S… Ils se ressemblent tous ces virages !!! Raté ! C’était celui-là... Je prends une trajectoire qui n’est pas aussi directe que celle que je voulais suivre mais je m’en contenterai. A fond jusqu’en bas, et surtout ne pas faire le marcassin dans la chicane boueuse. Ça passe !

Dernière spéciale de la journée, j’ai l’impression que l’on est de plus en plus nombreux dans cette forêt ! Le parcours n’a quasiment pas changé depuis la création du Rallye des 4 Puys : de la vitesse, des sauts, une relance en côte et le goulet final.

Je pourrais rouler les yeux fermés ! Quand tu as de la boue jusqu’aux genoux c’est signe que tu as franchi la ligne d’arrivée et tu es ravi d’avoir une paire de pompes dégueulasses pour terminer la journée ! Gaz gaz gaz arrivée ! Plouitch plouitch plouitch ! Direction le Maupuy pour la reconnaissance des spéciales de dimanche matin.

Quelques modifications apportées au tracé, principalement à partir de la partie située après le petit road gap, c’est moins technique et plus rapide que l’année dernière, on arrive ensuite en terrain connu avec les virages serrés dans la pente, suivis de la partie rapide jusqu’à l’arrivée (petite modif au niveau du dernier « S » qui coupait la vitesse, une trace a été ouverte et permet de tirer tout droit et de débouler à toute berzingue comme disent les jeunes zazous.

Il est temps de faire un brin de toilette et de se faire beau pour aller manger de la purée accompagnée de viande limousine. On décide ensuite d’aller boire une petite mousse au pub mais nous restons super sages et étonnement couverts ! De retour au Première Classe , nous lançons une blitzkrieg sur l’ ô Berlin, ce vin cher à un petit moustachu Autrichien au caractère belliqueux. Très sirupeux il paraît que c’est bon pour tout : mal de dents, fractures, éviers bouchés, ramené l’être aimé, vermifuge, étanchéité des pneus… un futur produit phare des téléachats.

Vu que c'est bon pour tout et qu'on ne sait pas vraiment ce que l'on a, on décide de tout finir.

Dimanche matin, le ciel est couvert, quelques gouttes nous laissent présager le pire. Mais les deux spéciales au départ du Maupuy se feront sur un sol sec. Quelques dizaines de mètres après le départ, j’entends le bruit caractéristique de la jante qui entre en contact avec une pierre, pneu entaillé, crevaison lente ...j’arrive en bas à plat.

Un peu de mécanique et c’est parti pour le deuxième départ, je me fais bouchonner par un concurrent qui reste sourd à mes demandes répétées de se ranger sur le bas coté afin de me laisser passer. "Veuillez agréer, ami pilote, l’expression de mes sincères remerciements"… Sur le terrain ça donne plutôt « Drrrrooooiiiite, mais pousse toi biiiiip de biiiiip de biiiiip» !

Bref, il ne se pousse pas et en plus il n’a pas le physique d’un mec que l’on écarte d’un coup d’épaule. Après deux tentatives infructueuses, le tracé s’élargit suffisamment pour me laisser un passage. Je double et fini la spéciale à fond pour rattraper le temps perdu. Fin de la 5ème spéciale, et si on allait se manger quelques nouilles entre amis?

Cette année nous sommes motivés pour faire la dernière spéciale dont le départ est toujours aussi tard du fait du passage en ville et des horaires du cinéma vers lequel nous passons.

On s’installe comme à chaque édition sur le petit parking derrière l’institut médico éducatif, le soleil est ressorti et la pelouse nous tend les bras pour une bonne sieste. Le réveil est violent, le directeur de l’établissement nous demande de trouver un autre lieu de stationnement, une sensation de déjà vu… on range nos bains de soleil et on file sans discuter.

Départ dans l’ordre du classement provisoire, le meilleur temps part en dernier. Les premiers mètres se font sous les cris des autres pilotes, le terrain est devenu légèrement glissant à la sortie du bois, une belle glaise bien grasse donne lieu à des figures de styles variées et salissantes.

L’objectif est de rester fluide. La spéciale est courte et la moindre erreur se paye avec un wagon de secondes. J’arrive relax dans le passage des marches sous les hurlements de David qui trouve que je me traîne. Je lâcherais bien le guidon pour lui montrer mon majeur mais mon instinct de survie et les secousses des marches me le déconseillent fortement. Il ne reste plus qu’a attendre Vivien qui part dans le top 50.

On se retrouve aux véhicules sur le parking du centre ville, il n’est pas loin de 17h00. Il est grand temps de rentrer !

Résultat des courses :

- JC : 63ème scratch, 4ème Master 40

- David P : 128ème scratch / 16ème Master 40